Le Sinagot, un couteau qui tranche par son côté écolo et son ancrage local
Artisanat. Imaginé par Lionel Menay, jeune retraité de Séné, ce couteau se distingue des autres en utilisant une poudre à base de coquillages et du bois récupéré.
À 63 ans, Lionel Menay n’a rien d’un retraité inactif. Ancien ingénieur commercial dans l’industrie, cet habitant de Séné vient de lancer, en janvier, sa propre entreprise baptisée Matariki. Son ambition : concevoir des objets durables. Premier né de cette aventure entrepreneuriale, le Sinagot, un couteau pas tout à fait comme les autres, inspiré du Golfe du Morbihan.
« Il n’existait pas de couteau identifié au Golfe, constate-t-il. Il y en a des bretons, bien sûr, mais rien qui porte vraiment l’identité de ce territoire. » De ce constat est né le Sinagot que l’on pourra découvrir entre autres sur le salon C’est 100 % breton, ce samedi 18 et dimanche 19 avril, à Vannes.
Chaque détail raconte une histoire
Chacun de ses détails raconte une histoire. Le manche, par exemple, peut intégrer du bois récupéré sur d’anciens bateaux en rénovation, notamment des sinagots, ces voiliers traditionnels encore visibles dans le Golfe. Autre singularité : dans un autre modèle, l’ajout de poudre de coquilles d’huîtres de l’Atlantique dans les matériaux composites, afin d’en réduire l’empreinte. « L’idée, c’est d’utiliser des ressources locales dès que possible », précise le créateur, qui travaille déjà à relocaliser entièrement ses approvisionnements.
Sur un bateau, une lame pointue n'a pas grand intérêt. Là on privilégie la sécurité et la robustesse.
Un hommage à l’univers maritime
Côté technique, le Sinagot se distingue également par sa lame en inox, pensée pour un usage marin. Sa forme dite « pied de mouton », sans pointe, rappelle les couteaux utilisés autrefois par les marins. « Sur un bateau, une lame pointue n’a pas grand intérêt. Là, on privilégie la sécurité et la robustesse », explique Lionel Menay.
Une conception qui permet aussi de marteler ou de travailler la matière, comme le faisaient les marins d’antan. Même si on peut aussi s’en servir pour sa viande ou couper son pain quand sonne l’heure du casse-croûte… Le design lui-même rend hommage à l’univers maritime : une fois fermé, le couteau évoque la coque d’un bateau. Son mécanisme de verrouillage, situé à l’arrière, n’est pas sans rappeler le safran d’un voilier. « Ce sont des clins d’œil, mais qui donnent du sens à l’objet », sourit-il.
Un produit 100 % français
Si Lionel Menay se présente volontiers comme concepteur plutôt que coutelier, son projet s’appuie sur un savoir-faire bien réel. La fabrication est assurée dans la région de Thiers, berceau historique de la coutellerie française, avec une dizaine d’artisans mobilisés autour de chaque pièce. « Je voulais un produit 100 % français, de qualité, mais à un prix accessible », souligne-t-il. Résultat : deux versions sont proposées, l’une à moins de 50 €, l’autre, avec du bois recyclé, légèrement plus chère.
Derrière l’objet, il y a aussi un parcours. Né à Ploërmel mais installé très tôt à Séné, Lionel Menay a grandi entre terre et mer, toujours un couteau en poche. « Quand on pêche ou qu’on navigue, c’est un outil indispensable », rappelle-t-il. Une évidence qui a fini par devenir projet de vie quand a sonné l’heure de la retraite.
Aujourd’hui, le succès semble déjà au rendez-vous. Lancé récemment, le Sinagot se vend sans stock… pour l’instant. « Tout est en précommande », confie-t-il. Les premières livraisons sont attendues d’ici fin avril. En parallèle, le créateur prévoit de présenter son couteau lors de nombreuses fêtes maritimes du Morbihan. Parmi les temps forts, il sera présent à la Fête du Carénage au Logeo en mai, à la Fête des Voiles rouges, à Séné, en juillet ou encore aux Grandes Régates de Port-Navalo, fin juillet… après le salon C’est 100 % breton, au Chorus, ce week-end… en attendant la Semaine du Golfe 2027.
Au-delà de ses ambitions commerciales, Lionel Menay revendique une démarche engagée. Une partie des revenus sera reversée à des associations, notamment liées au patrimoine maritime ou à des causes solidaires. « L’idée, ce n’est pas seulement de vendre un objet, mais de porter des valeurs », insiste-t-il.
Article rédigé par : Lionel Cabioch OF
Contact : le-sinagot.com